"Je pense que le débat est ouvert et chacun est libre de défendre sa position"

20/4/2019
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Mr Le Président, après huit ans à la tête de la nation guinéenne, vos réalisations se passent de commentaires, le barrage de Kalita et celui en finition, de Souapiti, les routes et les ouvrages de franchissement, les hôtels, le développement des activités minières, la relance de l'agriculture, qu'est que vous auriez dû réaliser ?

●Quand j'ai été élu en fin 2010, j'ai dit la vérité aux Guinéens. J'ai dit : “Nous sommes au sous-sol, nous devons serrer la ceinture pour aller au niveau du sol et ensuite à un niveaunice automat plus élevé. En effet, en Guinée, il n'y avait pas de routes, pas d'eau, pas d'électricité etc. J'ai hérité d'un pays, pas d'un État. Un État, c'est une administration, c'est une armée, police, une justice or tout le monde sait dans quelles situation était l'armée guinéenne, dans quel état était l'économie. Aussi la Guinée n'avait jamais achevé un programme avec le Fonds monétaire international. Grâce au courage du peuple de Guinée qui a compris qu'on devait serrer la ceinture et tout le monde s'est attaché, y compris les syndicats, nous avons pu faire face à tous ces problèmes. Il est évident qu'aujourd'hui, hier si on se gaussait de nous, quand on voyait l'hôtel Novotel, on a rien à envier aux pays voisins. Une fois il y a eu coupure de courant à Bamako, ils sont sortis avec des pancartes, Bamako c'est pas Conakry mais Dieu merci, aujourd'hui, on commence à avancer. Mais nous allons répondre aux Maliens en leur donnant du courant pour que Bamako, comme Conakry, comme Dakar soient toujours bien éclairées. Quand je suis arrivé au pouvoir, mon objectif, c'était vraiment de me battre pour sortir les femmes et la jeunesse de la misère. Je n'ai pas pu mettre fin au chômage des jeunes et empêcher que des jeunes guinéens comme d'autres africains puissent émigrer et aller mourir dans les eaux de la Méditerranée. Il s'y ajoute les conditions pénibles des femmes, surtout dans les villages. C'est la bataille fondamentale qui nous reste aujourd'hui.

◆Mr le Président, on sait que vous êtes un homme de dialogue, à quel niveau de dialogue êtes vous avec l'opposition en Guinée qui s'est regroupée au sein du Front national ?

●Il y a un cadre de concertation dans lequel se passe le dialogue. Moi, je suis président ; je suis au dessus de la mêlée ; je suis le président des Guinéens. Logiquement, c'est dans le cadre de concertations que toutes les questions doivent être discutées. Que ça soit des problèmes politiques ou des problèmes d'élections, tout doit être discuté dans ce cadre où nous retrouvons mouvance présidentielle et opposition, mais aussi les partenaires étrangers qui assistent à ces réunions. Le corps diplomatique qui est là participe à ces discussions. Si chacun respecte les règles institutionnelles et le fonctionnement de la démocratie, c'est là-bas que les problèmes doivent se régler.

◆On parle de l'adoption d'une nouvelle constitution et d'un référendum. Évidemment, l'opposition n'est pas d'accord avec cette initiative, en tant que président de la République, est-ce que vous comptez vous mettre au dessus de la mêlée ?

●Le président de la République est le principal garant des institutions. Maintenant, la souveraineté d'un peuple appartient au peuple. Donc, seul, le peuple peut décider. Quelqu'un ne peut pas se mettre à la place du peuple. Moi, j'observe, mais je suis le principal garant de la défense des institutions. Ce qu'on oublie, c'est que la souveraineté appartient au peuple et seule la volontaire populaire s'impose à tout le monde. En tant que démocrate, c'est mon point de vue. Je laisse les gens débattre, il revient au peuple guinéen s'il veut changer de constitution ou pas...C'est le droit du peuple guinéen.

◆Et si cette constitution ouvrait la voie à un troisième mandat, Mr le Président...

●S'il y a modification de la Constitution, il y a troisième mandat, s'il n'y a pas de modification de la Constitution, il y a mandat ou pas... Moi, pour le moment, je pense que le débat est ouvert et il doit être libre. Chacun est libre de défendre sa position, mais il appartient au peuple de trancher.

Source:dakaractu.com

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